Aujourd’hui, je passe en Espagne en suivant en partie la route Napoléon. C’est l’étape la plus difficile puisque un peu plus de 1200m de dénivelé positif et 720m de négatif avec un passage à 1430m au col Lepoeder.
Nous étions 10 personnes à la table du gîte hier, une jeune Belge, un Espagnol, un couple de Texans, 3 frangines Autrichiennes ainsi que 2 jeunes Françaises qui sont également sœurs. À partir de maintenant le chemin prend une autre dimension, 10 personnes, 5 nationalités différentes.
Il fait à peu près le même temps qu’hier. Au départ du gîte, le ciel est couvert, pas de pluie et on aperçoit les villages de la vallée ainsi qu’un troupeau de vaches marchant sur la route. Mais après 2,3km et l’arrivée au refuge d’Orisson (alt 800m) on est complètement dans le brouillard. Pour ceux qui aiment les chiffres, donc en 2,3km je suis passé de 490m à 800m, donc une pente moyenne de ~14%, je vous confirme ça monte dur! Et ce n’est pas fini. Malgré le manque de visibilité et le relief important je prends du plaisir dans cette montée. Il y a une atmosphère, et bien que le nombre de pèlerins semble conséquent, avec une vue limitée à 15 ou 20m, on se sent étrangement seul. Régulièrement on entend le bruit des cloches accrochées au cou des vaches mais sans jamais les voir. Tout du moins, au début. Au bout de quelques kilomètres de montée, j’entends un souffle régulier et puissant derrière moi, un pèlerin? Non, je suis rattrapé par 4 ou 5 vaches qui montent le long de la route à une allure bien supérieure à la mienne. Puis c’est le bruit des cloches qui m’accompagne pendant quelques autres kilomètres et finit par me rattraper et me dépasser. C’est le troupeau que j’ai aperçu en début de randonnée et qui est guidé par 3 jeunes agriculteurs vers une prairie d’altitude.
Vers 1200m et avant de quitter la route Napoléon, un petit camion est installé et vend des boissons, des fruits, des œufs durs, etc… Lors de mon arrêt une dizaine de personnes de diverses nationalités s’y arrêteront également. Moins d’un kilomètre après je vais passer en Espagne sans m’en rendre compte, c’est quelques centaines de mètres plus loin, aux abords de la fontaine de Roland que 2 Espagnols me confirmeront qu’on a passé la frontière. 2 kms plus loin se trouve un petit refuge rempli de pèlerins à la recherche d’un abri pour la pause déjeuner. Ah oui, car depuis qu’on a passé la frontière, non seulement le paysage a changé, fini les prairies, place à la forêt, mais la pluie également s’est mêlée au brouillard. Trop de monde dans ce refuge de 10m2, je continue l’ascension jusqu’au col de Lepoeder pour ensuite plonger par le chemin à droite qui descend vers Roncesvalles. La descente directe par la forêt étant déconseillée par mauvais temps. A Roncesvalles, je décide de ne pas dormir à l’albergue de la Collégiale Royale qui peut accueillir jusqu’à 300 pèlerins, mais je continue pour m’arrêter 2km plus loin pour plus de tranquillité.
Vue sur la vallée, mon gîte et le troupeau en transhumance

Vue sur la vallée avant le brouillard

Je suis suivi…

Et dépassé

Food truck

Croix Thibaud, on quitte la route Napoléon

Pottoks, chevaux Basques près de la fontaine de Roland


Forêt avant la descente vers Roncesvalles

Collégiale Royale



Le chemin vers Burgete

