Étape Bonus 2: Vilaserio – Hospital 28,1km

Départ ce matin, peu avant 8h soit une bonne heure plus tard que d’habitude, sans doute dû au fait de n’être que 4 dans le dortoir. On sent qu’il va faire beau, mais la légère brume n’est pas encore dissipée. Je rattrape au bout de 3km sur une portion en bord de route la Brésilienne, qui logeait dans la même albergue, qui marche lentement et qui a les larmes aux yeux. On essaye d’échanger quelques mots, mais comme elle ne parle que Portugais et moi, pas un mot, l’échange se termine rapidement. Je prends quelques dizaines de mètres d’avance et alors que l’on s’est engagé sur une large piste en montée, j’entends son pas rapide, son souffle saccadé derrière moi. Je comprends qu’elle essaye de me suivre et que je marche trop vite pour elle. Je ralentis mon allure et m’adapte à son rythme. Après quelques laborieux échanges, 1/3 portugais, 1/3 espagnol et le 3ème tiers par gestes, je comprends qu’elle a peur de marcher seule avec cette brume et surtout de passer près des bosquets. Elle savait que j’étais parti après elle et attendait donc mon arrivée. Elle se positionne derrière moi quand on croise un Espagnol accompagné de son berger allemand. Elle arrive à m’expliquer qu’elle fait le Camino pour son fils autiste mort en décembre. Tout ce que je peux faire est de l’accompagner le temps que la brume se dissipe, que l’on retrouve la route, un village et d’autres pèlerins en visuel. Je traîne depuis le départ un petit sifflet SOS orange accroché à un mousqueton sur mon sac. Je les lui offre et lui montre qu’elle peut ainsi siffler en cas de danger. Je me sens démuni. j’ai fait le peu que je pouvais.

L’étape du jour est différente de celle d’hier, beaucoup de bitume, sur des petites routes de campagne. On ne traverse que des petits villages où il n’y a que quelques fermes, quelques habitations et s’il y a un ou plusieurs commerces ce sont des bars-albergues. On entend les coups de klaxon de la camionnette qui dépose dans des sacs le pain devant les maisons. Le paysage est vallonné, des prairies, des cultures et des alignements d’éoliennes sur les sommets des collines. Après Oliveiroa, le paysage devient sauvage. Je trouve une place à l’unique albergue d’Hospital. J’aurais souhaité poursuivre pour me rapprocher de Finisterre, mais il y a “un trou » de 15 kilomètres sans aucun village, donc aucune possibilité de logements.

Départ dans la brume

Campagne Galicienne

Livraison du pain

Lézard vert (le 2nd après celui de León)

Le paysage redevient sauvage

5 commentaires sur “Étape Bonus 2: Vilaserio – Hospital 28,1km

  1. Emouvant ton récit de ta rencontre avec cette Brésilienne un peu désemparée !
    Tu as donc décidé de poursuivre ton périple jusqu’à la mer, fais gaffe tu deviens accro !
    Fais toi plaisir
    Dom G

  2. Merci Dom!
    Ça y est je suis arrivé au km0!
    Pour la désintoxication, elle commence le 15 juillet!! Il paraît qu’elle est sévère!!!
    Bises

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